Jeudi et vendredi, deux jours de muraille.
Il faut savoir que la muraille a ete construite sur toute sa longueur il y a plus de deux milles ans. Depuis, seuls 400 kilometres et quelques embranchements ont ete ajoutes, et les murs de terre cuite ont ete recouverts de briques puis de pierre et rehausse au fur et a mesure du temps. Elle mesure 50 000 kilometres, ce qui signifi que si elle etait parfaitement en ligne droite, elle ferait plus que le tour de la terre ! En plus de mir defensif, elle etait egalement une excellente route commerciale, qui permettait aux caravanes de marchands de traverser en toute securite des zones barbares. Les tour de guet permettaient par un systeme de signaux de fumees de faire parvenir des messages en moins d'une journee de l'extremite occidentale jusqu'a Beijing et ainsi de connitre a tout moment les positions de l'ennemi pour y envoyer des troupes car, il etait evidement impossible de maintenir en permanence des soldats pour la proteger sur toute la longueur.
Jeudi matin, je prend le bus, direction Simatai, une portion de la muraille a 120 km de Beijing, tres peu renove, et comportant tres peu d'installations touristiques, situee dans une region tres montagneuse. Le lieux est magnnifique, les touristes sont tres rares, frequement, je ne vois personne d'autre sur le mur.
J'arrive au pied de la muraille vers 13 heures et, j'ais grand faim. Je trouve un petit restaurant dans lequel je me regale de nouilles sautes aux champignons et aux crevettes.
Juste apres ca, je prend le petit telesiege qui mene a la muraille.
En effet, dans un evident but defensif, elle a ete construite de facon a ne jamais pouvoir etre surplombe par l'enemie, donc, elle suit de facon rigoureuse les cretes les plus hautes des montagnes. L'ascenssion est possible a pied mais, elle constitue une randonnee a elle seule et je dois sauver des forces pour la suite.
Enfin sur le mur, je commence la longue marche em plein apres-midi, par un temps resplandissant.
C'est absolument extraordinaire, on dirait un gigantesque carambar, qu'on aurait accroche a la montagne et qui suivrait fidelement la moindre de ses ondulations. Par endroit, le mur est si escarpe que les marches qui permettent de le suivre sont a peine large de 10cm et hautes d'au moins 30. Frequement, des tours de guet ponctuent la marche, et offrent un peu d'ombre et des points de vue magiques sur la campagne environnante. Par endroit, la montagne est sauvage, aolleur, elle est striee par les fameux champs en terrasse qui caracterisent les paysages chinois comme on les vois frequement. Le soleil tape fort.
Au bout d'une bonne heure de marche vers l'est, la muraille devient si escarpee qu'il est impossible de continuer, d'autant plus que j'ais sur el dos tout mon materiel de camping et ma nourriture pour deux jours. Je rebrousse chemin et au boud de deux heures, j'atteind une riviere, qui se traverse par un pont suspendu en bois et en corde, grincant et branlant. Je me croirait dans Indiana Jones.
Il faut maintenant remonter la gorge. Pfiou, c'est haut.
Ca monte et ca descent, comme des montagnes russes, et de tour de guet en tour de guet, le paysage se devoile peu a peu.
Le soleil tape fort et, je commence a avoir un serieux mal de tete. Insolation ? Je porte pourtant le chapeau que mon frere et ma belle soeur m'ont offerts et qui em protege bien (encore merci d'ailleur). De plus, la journee s'acheve doucement, je dois trouver un endroit ou dormir. Vers 6h, je trouve enfin une tour accueillante, en tres bon etat, qui m'offre un superbe point de vue sur le coucher de soleil et dans laquel je pourrait etendre mon sac de couchage sans etre visible depuis le chemin. Je serais plus tranquille si je ne suis pas derange par des touristes tardifs ou par des locaux curieux, toujours sympathiques mais tres envahissants.
Je commence alors a me sentir vraiment mal, migraine, nausees, fatigue, je crois bien que les crevettes de midi n'etaient pas de toutes fraicheurs, combinees au soleil violent, je suis dans un sale etat, seul, a plusieirs heures de marche de la plus proche habitation. Je ne trouve pas la force d'onstaller mon campement maintenant et je m'etend comme une loque contre un mur. Beurp, ca tourne, ca tourne. Je crois bien que je vais mourrir ici. Au moins, j'aurais visite la grande muraille de Chine.
Et c'est tout tramblant, vomissant par la fenetre, et hurlant des insultes dans le vide a l'egard du restaurant de midi que j'observe tant bien que mal le superbe coucher de soleil.
Apres ca, ca va un peu mieux, il fallait juste que je me debarasse de ce sale dejeuner. Je deplis mon sac de couchage et m'endors rapidement dans le crepuscule de la nuit tombante.
Deux heures plus tard, je me reveille, presque frais comme un gardon, c'est le moment parfait pour monter sur le toit et regarder le paysage et les etoiles. Une brume legere s'est posee dans le fond des vallees, la lune la rend tres blanche et la muraille, suivant les montagnes, rentre et sors de cette mer, telle un vers de sable. Superbe. Je mange un morceau et me recouche apres un moment.
Au matin, vers 5h, les premieres lueures me reveillent et je sors observer. La brume s'est allegee, les montagnes en surgissent, de plus en plus clairs au fur et a mesure quelles sont lointaines. Ca y est, je comprend la peinture traditionelle chinoise, elle est la, sous mes yeux, je suis devant un tableau a l'encre de Chine. Tout y est. Quelle splendeur. Et puis soudain, un eclair rouge apparait au dessus d'une crete, perturbant ce paysage en noir et blanc et le soleil commence son ascenssion. En quelques minutes, les ombres apparaissent, dessinant le relief sur ce paysage qui semblait juste fait de plans plats successifs. Un coq chante.
Je vais beaucoup mieux et un gfenereux petit dejeuner me redonne l'energie de continuer. Je continu donc dans la meme direction qu'hier, jusqu'a rencontrer de nouveau une partie infranchissable. C'est le milieu de matinee, ok, je rentre. Demi tour donc. Malgres le fait que je refasse dans l'autre sens le meme parcour que ce matin et hier, vu dans ce sens, le paysage n'a rien a voir, evidement, la lumiere est exactement inverse a celle de l'aller, et, c'est elle qui fait presque tout.
En fin de matinee, presque arrive au pont d'hier, je croise les premiers touristes de la journee, tres surpris car ils pensaient etre les premiers aujourd'hui.
Cette fois ci, je ne traverse pas la riviere par le pont mais, je prefere emprunter une tirolienne geante qui me mene presque jusqu'au point de depart, en longeant la riviere sur pres d'un kilometre. Whouhou, ca va vite, c'est haut, c'est genial. Arrive en bas, un pecheur me prend sur sa barque pour rejoindre l'arret de bus, un peu plus loin. Encore un peu de magie avant de rentrer.
Puis, c'est le retour, eprouvant, dans un mini bus bonde, 3 heures de route jusqu'a Beijing.
Et enfin, mon auberge, mon lit, je dors tout l'apres midi et je reve de bataille geante sur la muraille et de lever de soleil sur les montagnes.
A bientot.