26 septembre 2005

Work in progress

La semaine derniere a ete longue et difficile, accumulation de galeres diverses et de petites mesaventures. Rien de tel pour declancher un coup de blues (ca fait 3 mois que je suis parti). Mais, rien de suffisament notable pour etre raconte.
Juste jeudi, je me suis bien amuse, il y a eu une tempete tropicale assez soudaine. J'etait a l'hotel a ce moment la et en entendant ca, j'ais enfile en un instant mon poncho-pluie (que je trimbale depuis la France et dont je ne me suis pas encore servi) et je me suis precepite sur le Bund, pour voire un peu ce quelle a dans le ventre cette ville.
Je n'ais jamais vu un orage pareil de ma vie. Chaque seconde, les eclairs tombent sur les paratonerres des grattes-ciels, juste a cote, la pluie diluvienne cree des ruisseau puis rapidement des torrents dements a travers les rues desertees. Il est impossible de remonter l'escalier du passage souterrain sans s'agripper serieusement a la rampe et j'ais deja de l'eau jusqu'a mi-mollet. Apocalyptique. La promenade sur le quai est vide et inondee. Vide ? Non, un peu plus loin, il y a un dingue avec un poncho bleu qui ecarte les bras pour attraper le vent et qui jure par tout les diables vers la pluie. Il y a donc quelqu'un d'autre dans cette ville qui aime les orages. Tiens, surprise, c'est Paul, un etudiant allemand que j'ais deja croise dans mon auberge mais avec qui je n'ais pas vraiment fait connaissance. A nous deux on jure un peu plus fort. Gueuler, contre rien ni personne, juste pour ne pas avoir a le faire. Je n'ais pas besoin de savoir pourquoi il fait ca et il n'a pas besoin de savoir pourquoi je fais ca. C'est bon de ne pas avoir a donner de raisons (ni meme a soi). What the hell is going on ?! Ce n'est tout de meme pas nous qui effrayons le deluge qui s'ammenuise doucement pour ne plus etre au bout d'un moment qu'un orage normal ! Shanghai n'avait elle juste qu'une grosse envie de pisser ? Allons donc. Et biens rentrons maintenant.
Maintenant, j'ais un pote de tempete. Pour quelques jours. Comme toutes les rencontres de voyages. Pour quelques jours. Surtout, ne pas s'investir. Surtout ne pas trop se livrer. Surtout, ne pas devenirs amis. Surtout rester des potes de biere, de tempete, de randonnee, de baise, de billard, de dortoir ou de train, selon. Finalement, surtout rester seuls. S'echanger les adresses e-mail pour ne pas avoir a se dire au-revoir pour de vrais. Comme si.

Vendredi, la lame tranchante de la brume a decapite la ville. Impossible de voire le sommet des grattes-ciels de plus de 30 metres (donc aucun sommet). Aujourd'hui, la ville est redevenue horizontale. Les rues etroites de Puxi sont envahies par l'echo du chant des cornes de brumes. Au dessus de l'entrelac incroyable des centaines de cables de telephone, tramway, trolley, electricite et autres qui parcourent la ville en tout endroit, il n'y a que ce plafond net de fumee blanche qui donne l'impression d'etre dans le decor d'un studio de cinema. Tout est la, atmosphere un brin glauque, immeubles chic art-deco et taudis de bois et de brique, foule heteroclite, incertaine, ambiance tendue, il va se passer quelque chose... Oui ? Non ? Qu'attend donc le realisateur pour crier 'action' ?
Pas aujourd'hui. Rien. A chacun de faire son film. Je suis pas d'humeur, je prefere aller faire ma lessive. Tant pis pour le cinema.

A bientot

20 septembre 2005

Shanghai

Bon, je me suis assez repose, il me tarde de voire un peu quelle geulle elle a cette ville.
Je comence par le tour touristique classique, La rue de Nanjing (qui mene de l'ancienne concession francaise a l'ancienne concession internationale et au Bund), puis le Bund lui meme, c'est un quais sur le Huangpu (l'affluent du Yangtze qui traverse Shanghai), le long duquels se trouve les sieges des compagnies et banques europeennes du temps de concessions, ce sont des batiments neo-classiques ou art-deco, monumentaux, datant de la premiere moitie du XXeme siecle. Une grande promenade arboree longe la riviere (5 fois large comme la Seine, au moins, tout de meme).
En face, se dresse le quartier nouveau de Pudong, dont la skyline est tres celebre, avec notament la tour TV "perle d'orient", pas tres belle, et le plus haut gratte-ciel de Chine, plus des centaines d'autres grattes-ciels. Je ne m'etend pas, vous connaissez.

En chemin, je rencontre un type qui est tres content de parler avec moi pour pratiquer son anglais, tres sympas, qui me propose de prendre un verre ce soir. Rendez-vous est donc pris apres diner. On prend quelques verres avec quelqu'un d'autre rencontre dans le bar, la soiree est sympas mais, ce n'est que le debut. Viens la tres charmante hotesse du bar qui me presente l'addition, qui comprend mes verres, ceux des autres, plus le prix a payer pour avoir ete "accompagne" par eux (en fait, avoir simplement discutte pendant 1 heure) et la location de la table et les cacahuetes (hors de prix les cacahuettes) et bien sur, je dois payer moi, en effet, j'apprend qu'en fait les autres travaillent ici et que meme si je ne le savais pas avant, c'est soi disant toujours comme ca que ca se passe en Chine, que c'est implicite et qu'il n'y a pas a discutter. La note s'eleve tout de meme a 3700 yuans (j'ais bu 2 bieres a 40 chacunes). Evidement, il est hors de question que ca se passe comme ca. Le ton monte et l'hotesse est vite rejointe par deux gorilles pas ters souriant et on me demande de trouver un arrangement avec le patron. Hou la la. A quelle sauce va-t-on me manger ? Le patron en question est un gros monsieur, moitie chinois moitie russe, qui ne parle pas anglais mais qui utilise son hotesse comme d'interprete. Je me garde bien de dire que je parle un peu russe, ca me permet de le laisser parler librement dans cette langue sans savoir que je comprend une partie de ce qu'il dit. Il repette souvent en anglais les mos "money, mafia", certainement plus pour m'impressioner que pour de vrais. J'espere, les deux gorilles sont toujours la et je n'ais que 700 yuans avec moi. On discutte un bon moment et je finis par reussir a faire petit a petit descendre la note a 1000 yuans. C'est Ok mais qu'on me revoit pas dans le coin. N'ayant toujours que 700 yuans sur moi, je me fait accompagner a la banque par les gorilles pour tirer le complement. Bon, je m'en suis bien sorti, j'ais tout de meme perdu 1000 yuans (100 euros, 5 jours de budget total) mais, ca aurait pu etre pire. Ca m'apprendras a croire n'importe qui qui parait sympas.
Je rentre, il, est bien 1h du matin, je suis toujours fatigue, j'ais les poches vides, et tres envie de casser la gueule a quelqu'un. Personne dans les parages. Ce sera un reverbere. Tant mieux, c'est un peu dur mais ca ne repond pas. Mon lit est le bienvenue. Demain, je m'offre la grasse mat'.

Rebelotte, je fais mon sac, cette fois ci, je tente le metro avec mes affaires, je rejoins la premiere auberge et je m'installe. Genial, c'est des lits Ikea, tres grands. La douche fait un bien fou. Il faut dire qu'il fait ici une chaleure etouffante, environ 35 degres, pas si chauds em direz vous mais, il fait tellement humide que la sensation de chaleure est multiplie par 10, la peau est moite du matin au soir, les gouttes perlent sur le front et les aureoles apparaissent tot. Les chinois eux en transpirent pas en general. Le plus incroyable, c'est les filles qui bossent en tailleur a manche longue, avec veste et qui se couvrent le visage de fond de teint et qui ne transpirent toujours pas une goutte ! Moi, je suis bien content de pouvoir enfin attacher mes cheveux, car sinon, j'ais la nuque en feu et en eaux.

Ce soir, c'est la fete de mi-automne, ou fete de la lune. C'est ferie pour les chinois (manque de pot, c'est samedi) et il y a des fetes partout. Un espece de carnaval fait procession le soir dans la ville et les feux d'artifices eclatent un peu partout. Les shanghaiens se pressent en masse dans les rues pour s'amuser. Il faut dire qu'il n'ont jamais l'occasion de se regroupper en foule, c'est interdit. D'ailleur, la police est particulierement efficace pour manager la foule, et les gens sont disciplines. Vive les etats policiers ! Cela dit, tout le monde est content, les enfants font sauter des petards, tout le monde s'emmerveille au passage des chars (kitch a souhait, voire meme mauvais gout) du carnaval. Il faut bien se remonter le moral apres l'ouragan qui a inonde la ville il y a quelques jours.

Au hasard des rues, je rencontre Serguei, un jeune expatrie russe sympas avec qui je prend une biere (dans un bar normal). Il me file quelques tuyaux pour survivre ici. Apres quelques verres, on se separe car il doit absolument aller draguer des chinoises en boite. Il me propose bien d'y aller avec lui mais bon,... Et puis, de toutes facon, je suis fatigue.

Dimanche, je visite la vieille ville chinoise. Sympas, je marche pas mal. Le soir venu (il fait nuit a 6 heures), je retourne me promener sur le Bund, voir les illuminations de Pudong et du Bund lui meme. C'est parait-il la plus belle promenade d'Asie. Je ne connais pas les autres mais, c'est en effet plutot magique, cette belle promenade arboree, puis en premier plan les vieux batiments europeens illumines de toutes les couleurs et derriere, les buildings de verre et d'acier du centre-ville. Les gens se retrouvent ici, touristes et locaux, pour se balader, jouer aux cartes,...
Je finis ma balade sur un banc d'un parc, surlequel je rencontre une bande de jeunes (et quelques moins jeunes) chinois, immigres de l'interieurs, un peu paumes dans cette jungle mais pas tant que moi. Ils ne parlent pas beaucoup anglais et mon chinois est bien pire mais, on peut toujours communiquer un peu (merci mon guide de conversation Harrap's) et puis, on peut toujours rigoler, c'est pareil dans toute les langues. En fait, ce sont des gigolos qui attendent le client. Est-ce que j'attire donc tout ce peuple etrange de la nuit ? Mais, ca va, cette fois, je ne suis apparement pas considere comme une proie eventuelle, on rigole juste bien ensembles tout le reste de la soiree, on echange des gateaux de lune (c'est un biscuit fourre special qu'on echange le soir de la fete de mi automne), j'en avais achete une boite cet apres-midi. Tres bien, tout le monde n'est donc pas avide de detrousser le touriste ici. Je repasserais, ou pas, je ne sais pas mais ces gars la etait tres sympas.

Je pourrais encore raconter lundi et mardi et donner mes impressions sur Shanghai mais, je suis fatigue de taper, peut etre demain.
Au fait, depuis que je en peux plus consulter le blog, je n'ais plus la joie de lire vos messages. Les quelques e-mails que je recoit me font tres plaisir. Pensez y :-)

A bientot

Train

De Dalian a Shanghai, le train met 25 heures, de la fin de matinee au debut d'apres-midi suivant.
Je suis en classe "couchette dure", moins confortable que la "couchette molle" mais deux fois moins chere et un brin plus authentique.
Cela dit, niveau confort, c'est parfait, je savais les trains chinois reputes pour leur confort, j'ais pu constater. Les rames sont recentes, parfaitement propres et en bon etat, le personnel, nombreux, est particulierement agreable. Effectivement, les couchettes sont relativement dures mais la couette est epaisse et moelleuse et compense assez bien.
Tout comme dans le bateau, je suis le seul occidental de ma rame.
Apres les longs voyages en Russie, le voyage parait court. En plus, le train est plutot rapide (comme un corail francais) alors que les trains russes ne depassent jamais les 80km/heure.

Le voyage se passe sans vraiment d'anecdote, ce n'est cette fois ci qu'un moyen de se rendre d'un endroit a un autre, il n'y a pas la poesie ni le pittoresque des voyages russes et mongols. Je relis mon guide pour la 30eme fois. En effet, je n'ais pas pris assez de bouquins avec moi, je le regrette tout les jours, et les livres en langue etrangeres qu'on trouve ici sont peu interressant, il s'agit a 90% de livre du genre "how to made business in China", de la biographie de Bill Clinton ou de "parlez mandarin en un mois". Je cherche desesperement un peu de philosophie ou meme un bon roman ou une biographie interressante.

Les chinois ronflent tous (et toutes) sans exception, tres bruyament, et grognent dans leur sommeil, c'est plutot deconcertant. Je me sers de mes ecouteurs de baladeur comme de boulles quies (ca s'ecris comme ca ?).

Petit a petit, dans la matinee, on traverse des villes au nom evocateur de reve (n'oubliez pas que je connais mon guide sur la Chine par coeur, je connais chaque bourgade par son prenom), Nanjing, Suzhou,... Et bientot, Shanghai Est, derniere station avant Shanghai centre.

Ca y est, nous y voila. Je suis creuve, j'ais deux enormes sacs, je testerais le metro plus tard, je saute dans un taxi et hop, a l'hotel.

Malediction, ma reservation sur internet n'a pas ete prise en compte et l'hotel est plein et j'ais mes sacs sur le bras et je ne sais pas ou aller et je suis mort de fatigue. Ouf, ils sont sympas a l'auberge, ils m'en trouve une autre, me reserve un lit pour la nuit et m'ecrivent l'adresse en chinois pour le taxi. Je n'ais plus qu'a en trouver un.
Bientot, me voila enfin pose sur un lit, je peux donner mon linge a laver, prendre une douche, et me reposer un moment.

A bientot.

14 septembre 2005

Dalian la douce

Et vogue, et vogue sur le Pacifique. C'est la nuit, j'ais quitte Tianjin il y a peu et je me dirige vers Dalian. Cette ville est sur mon chemin pour Shanghai, que je compte rejoindre en bateau egalement apres quelques jours. La traversee est des plus interressante. Je suis monte a bord parmis les premiers et ma cabine donne sur la porte d'acces du bateau, je peut donc jeter un coup d'oeil sur les passagers et constater que je suis le seul occidental du bateau. Une fois de plus, je vais me sentir comme un alien, observe par tout le monde, du coins de l'oeil. Surtout pendant le diner, il y a des tables sur le pont arriere et tout le monde se regroupe pour manger son casse croute et je fais un peu figure d'intrus, seul, a ma table, le nez dans ma soupe de nouilles instantannee. Des que l'ont quitte les grandes villes, meme pas tres loin, il n'est pas rare que des gens n'aient jamais vu d'occidentaux en vrais. Imaginez un peu qu'un papou de nouvelle-guinee prenne le meme bus que vous, je crois que vous ne pourriez pas vous empecher de le regarder. Ils sont en general tres content de voir un occidental et se font un plaisir de me saluer et de venir me parler (en chinois, tant pis pour le dialogue de sourd). Au moins, j'apprend un peu. Je sais dire que je suis francais, et je sais compter et dire les politesses de base. C'est deja ca.
Je partage ma cabine avec une famille dont la fille parle anglais, on discutte trois minute.
Le matin, arrivee dans la brume a Dalian.

Dalian est une ville de 6 millions d'habitants, a l'extremite de la peninsule qui separe le golf de Liaodong et le golf de Coree. A la fin du XIXeme siecle, c'etait une concession russe, bien utile, car contrairement a Vladivostok, ce port n'est jamais bloque par la banquise. Elle s'appelait alors Port-Arthur. Aprea avoir change de mains plusieurs fois entre les japonais, russes et chinois, elle est definitivement redevenu chinoise apres la deuxieme guerre mondiale. Pendant longtemps interdite aux etrangers (et a la plupart des chinois) en raison de ses installations militaires sensibles, elle a profite de la detente en Coree pour prendre de l'expension. C'est aujourd'hui le plus grand port du nord de la Chine et une des villes les plus dynamiques du pays. C'est une ville de vilegiature et de business. Son climat extremement agreable, pas trop chaud en ete et moins froid en hiver que le reste du nord de la Chine, elle attire de nombreux touristes chinois relativements fortunes. La ville elle meme est viviblement assez riche. Batie sur une petite peninsule montagneuse, elle s'est developpe essentielement sur la partie nord de celle ci qui est assez plate et dans les plaine entre les collines. Elle est donc parsemee d'ilots de petites montagnes qui offrent de magnifiques espaces sauvages en plein centre ville. La partie sud de la ville regroupe toute ses plages, de sable ou de galets, dans des criques abritees et non loin de petites iles caracteristiquement chinoises, tres haute et rocheuses, elles ressembles a des menhirs geants recouverts d'un chapeau de verdure. La rive nord est le port de commerce et la rive ouest est occupee par les installations militaires secretes (chut, y faut pas le dire).
La ville en elle meme est vraiment tres jolie, les rues n'y sont jamais tres droites et jamais tres larges. Les batiments russes anciens, du XIX siecle, dans le pure style slave classique comme on le trouve en europe de l'est, sont tres presents, ce sont d'anciennes banques prestigieuses ou compagnies de navigation. Ceux-ci se marient tres bien avec les tres nombreux grattes-ciels, qui ont, au vu du style, commences a emerger il y a une quinzaine d'annee et continuent de pousser comme des champignons. Ils sont en general tres beau, dessines avec beaucoup de gout. D'ailleur, toute la ville est tres moderne, tres chic, autant ses habitants que ses batiments et ses rues. On trouve sur les places et dans les parcs de nombreuses statues et fontaines, le mobilier urbain est d'un design tres agreable. Bref, c'est une ville qui a la class'. Le business a beau etre de rigueur ici, on rencontre aussi evidement toute sortes de gens, de tout milieux, qui se melangent tres bien et donnent toujours l'impression d'etre en vacance. Comme a Beijing, le soir, les gens envahissent les places et parcs pour chanter, jouer, danser ou discutter, jusque tard.
Dalian est la ville parfaitre pour ceux qui veulent ne rien faire en fait. Il n'y a pas de monuments a visiter, pas vraiment de musees, c'est juste une ville qui a les moyens de se payer un cadre de vie presque idylique, tranquile. Je ne pourrait certainement pas vivre ici mais pour quelques jours, c'est vraiment tres agreable.
Il n'y a pas d'auberge de jeunesse ici, ni d'hotel bon marche, je suis donc oblige de dormir dans un 3 etoiles a 220 yuans la nuit (50 en auberge a Beijing). Ca reste raisonable et, enfin, je dors dans une chanbre spacieuse, seul, dans un grand lit et je ne partage la salle de bain avec personne. En plus, quand je reviens le soir, mon lit est fait et j'ais une serviette propre. Ca change de la boheme des dortoirs de chambre d'hote. Et puis, je ne reste que 3 nuits. C'est vraiment les vacances. Je me suis contente de visiter un peu la ville, de me balader dans les parcs, et de passer l'apres-midi d'aujourd'hui a la plage. Voila, ca y est, je me suis baigne dans le Pacifique ! J'ais fini de traverser l'Eurasie de part en part !

Stuppeur et (trompettes) deception...
La ligne maritime pour Shanghai viens d'etre supprime, mes informations etaient eronees. Je vais donc devoir y aller en Train. C'est un peu moins long mais, c'est moins marrant. Cela dit, je n'ais toujours pas experimenbte les trains chinois. C'est une occasion. Je pars demain matin, et j'arrive vendredi matin. Enfin !
Si j'avais su avant que cette ligne de bateau n'existe plus, je ne serais certainement pas venu ici, et, ca aurait ete bien dommage, ces 3 jours de repos et de tranquilites dans cette douce ville ont ete des plus agreables et m'ont remis en forme pour la suite. C'est bon de se poser un peu de temps en temps. La derniere vrais pause du genre, c'etait il y a 1 mois et demi, a Listvianka, chez Rita, au bord du Baikal.

A bientot, a Shanghai !!!

12 septembre 2005

Dernier week-end a Beijing

Apres avoir dormi tout l'apres midi de vendredi (cf message sur la grande muraille), je me reveille en pleine forme vers 6 heures.
Parfait, je vais profiter de mon dernier week-end pour faire un peu de Beijing By Night.
Pour commencer, une bonne douche s'impose, puis une sceance habillage, il faut bien tester les quelques fringues que j'ais achete ici.
En effet, je porte 2 pantalons et 4 t-shirts differents depuis mon depart, je ne peux plus les voirs.

Bon, parfait, je peux aller diner. Un petit bouiboui que j'aime bien a cote de l'auberge fera parfaitement l'affaire, je m'en met plein le ventre pour 9 yuans (90cents), je peux donc m'offrir une folie, une delicieuse glace a 1 yuan fera mon dessert.

Pour commencer, j'ais entendu parler d'une soiree avec une selection de la scene electronique finlandaise dans un club pas trop loin. Parfait. Quelques stations de bus plus loin, me voila devant le club en question. C'est un endroit gigantesque. Je me dirige vers la caisse pour prendre ma place quand quelqu'un me prend le bras et me met une invitation dans la main avant de partir sans un mot, j'ais juste le temps d'esquisser un "oh,...! thank you" qu'il est deja entre dans la foule avec sa copine. Bon, soit, c'est mon jour de chance. Dans le club, l'ambiance est deja chaude, mais la jusique n'a pas commence, cela dit, les uns et les autres commencent deja a se tortiller sur les disques qui passent. Puis le premier groupe arrive. Ovali Virta si je me souviens bien du nom. Super ambiance festive extra, musique tres punchy. Puis viens le second groupe, tres bien aussi mais tres relax. J'ais trop l'ontention de m'amuser pour ecouter du lounge. Let's go.

Je prend un taxi (ici, tu traverse la ville pour 2 euros), direction un autre club. C'est un tout nouveau club qui a ouvert cette semaine et dont j'ais entendu du bien dans la presse. C'est tellement nouveau que c'est vide.

Taxi encore, club On/Off, ambiance sympas mais la musique est a chier, je prend une biere chinoise, je vais la depenser sur la piste de danse et hop je m'en vais.

Re taxi, 4eme club de la soiree. Celui ci s'appelle destination, je ne pouvais pas aller ailleur. La, enfin, l'ambiance est chaude comme un diable, la musique est bonne, les gens sont cools. Je rencontre un colombien et un argentinais qui ont l'air sympas mais je me rend vite compte qu'ils sont completement defonces. Pas cool. Mais bon, l'avantage avec les gens trop defonces, c'est qu'ils trouvent rapidement de nouveaux amis. Tres bien, je vous refile le bebe. Apres un verre et un moment sur la piste, je rencontre Guzheng-Long et Luing, deux etudiants chinois tres sympas, on passe la fin de soiree ensembles, rejoints au bout d'un moment par un anglais un peu bizare mais sympas. C'est cool. En quittant la boite, on a faim et, ne trouvant pas a proximite de resto ouvert, on achete des soupes de nouilles instantanees qu'on va preparer avec la bouilloire de la chambre d'hotel de l'anglais. Ca fait du bien de manger un morceau mais, on ne s'attarde pas, le jour pointe et l'anglais est un peu entreprenant. Personne n'a envie de ca.

Bye bye, a bientot, ou pas.

J'arrive a mon auberge pile a l'heure pour l'ouverture du petit dejeuner. Parfait.
Apres quoi, un bon dodo s'impose.

Hum, reveil a 15 heures. Trop bien.
Je fonce au resto en face et me fait une ripaille de raviolis vapeurs.

A 16h, j'ais rendez-vous avec Guzheng-Long pour aller visiter le centre d'art contemporain de Beijing. On y vas en bus, c'est un peu loin, au dela du 5eme peripherique. C'est une ancienne usine, tres belle, construite par des architectes Bauhaus allemands dans les annees 40. Elle a ete squatte pendant longtemps par des artistes et aujourd'hui, c'est quasiment un centre officiel d'art, avec galleries, ateliers, evenements et cafes. Genre la friche a grande echelle, avec plus d'espaces d'expositions. On visite plusieurs expos, tres interressant. On sympathise avec un artiste chinois qui nous parle beaucoup de son travail (normal, c'est un artiste). Vraiment tres interressant. Enfin, on sympathise avec un artiste francais qui vit a Beijing. Il nous ramene en ville sur un vieux gros side-car chinois, a toute berzingue sur le periph', le vent dans les yeux, c'est le coucher de soleil dans la brume, youpi ! Une bonne demi-heure de route apres, nous voila au 3eme periph', il y a une station de metro.

Il est grand temps de manger. L'artiste francais nous laisse la et on va s'efforcer de trouver un restaurant. Guzheng-Long est a moitie chinois et a moitie japonais, c'est une bonne opportunite d'aller dans un restaurant japonais. Super bon, j'adore cette cuisine, plus fine que la cuisine chinoise, pus rafinee. Plein de poissons. On se regale.

Pas du tout fatigues, on decide de prendre un verre. Un peu par hasard, on atterit dans un club pretentieux et cher et snob et avec de la mauvaise musique, apres m'etre pris la tete avec le barman qui persistait a m'expliquer que la biere doit se boire chaude et qu'il ne m'en donnerais pas d'autre que celle qu'il m'a servi, on s'en vas. Toujours pas fatigue, on va faire un tour chez lui (pas chezle barman, evidement). Sympas, il habite dans une vieille maison traditionnelle un peu en peropherie, transformee en pension pour etudiants. Mais, la concierge refuse de me laisser entrer sous pretexte que je suis etranger et donc peut etre criminel et quoiqu'il arrive, forcement suspect. Il est hors de question de rentrer pour le moment, alors on apelle le bureau de la securite public, on donne mon numero de passeport, et apres verification, effectivement, je ne suis pas un fugitif en cavale. C'est bon je peux entrer mais, je ne recupererais mon passeport que demain matin. Guzheng-Long (font chier avec leurs noms imposibles !) est un gars tres sympas, je suis content de l'avoir rencontre, c'est ma premiere relation de ce type depuis la France. Mais bon, je pars demain. Ce seras donc un coup a la Cendrillon.

Le matin (dimanche), apres le petit dejeuner, il me raccompagne en ville et au-revoir a l'arret de bus. C'est comme ca.

Retour a l'auberge (ca fait trois nuit que je decouche, je me demande ce qu'ils vont penser de moi). Vite, il est deja midi, j'ais un car a 14h et je dois prendre un douche, faire mes valises qui sont toutes videes sur mon lit et aller a la gare routiere.

C'est bon, j'arrive a temps.
Ca y est, je quitte Beijing, non sans un pincement au coeur, je me suis vraiment beaucoup plus ici. C'est une ville delicieuse, tranquille et dynamique en meme temps, tres belle, tres contrastee, les gens que j'y ai rencontre ont etes tres agreables, et j'ais ressenti de tres bonnes sensations ici. Ou plutot la bas maintenant.
Mom bus va a Tianjing mais, je ne m'y arette pas, je me contente d'y prendre un bateau pour Dalian (plus connue sous le nom de Port-Arthur), ancienne ville russe et japonaise, non loin de la Coree (voyez donc sur une carte). J'y serais lundi matin (en fait, ca y est, j'y suis) apres une nuit de traversee.

A bientot.

Grande grande muraille

Jeudi et vendredi, deux jours de muraille.

Il faut savoir que la muraille a ete construite sur toute sa longueur il y a plus de deux milles ans. Depuis, seuls 400 kilometres et quelques embranchements ont ete ajoutes, et les murs de terre cuite ont ete recouverts de briques puis de pierre et rehausse au fur et a mesure du temps. Elle mesure 50 000 kilometres, ce qui signifi que si elle etait parfaitement en ligne droite, elle ferait plus que le tour de la terre ! En plus de mir defensif, elle etait egalement une excellente route commerciale, qui permettait aux caravanes de marchands de traverser en toute securite des zones barbares. Les tour de guet permettaient par un systeme de signaux de fumees de faire parvenir des messages en moins d'une journee de l'extremite occidentale jusqu'a Beijing et ainsi de connitre a tout moment les positions de l'ennemi pour y envoyer des troupes car, il etait evidement impossible de maintenir en permanence des soldats pour la proteger sur toute la longueur.

Jeudi matin, je prend le bus, direction Simatai, une portion de la muraille a 120 km de Beijing, tres peu renove, et comportant tres peu d'installations touristiques, situee dans une region tres montagneuse. Le lieux est magnnifique, les touristes sont tres rares, frequement, je ne vois personne d'autre sur le mur.
J'arrive au pied de la muraille vers 13 heures et, j'ais grand faim. Je trouve un petit restaurant dans lequel je me regale de nouilles sautes aux champignons et aux crevettes.
Juste apres ca, je prend le petit telesiege qui mene a la muraille.
En effet, dans un evident but defensif, elle a ete construite de facon a ne jamais pouvoir etre surplombe par l'enemie, donc, elle suit de facon rigoureuse les cretes les plus hautes des montagnes. L'ascenssion est possible a pied mais, elle constitue une randonnee a elle seule et je dois sauver des forces pour la suite.
Enfin sur le mur, je commence la longue marche em plein apres-midi, par un temps resplandissant.
C'est absolument extraordinaire, on dirait un gigantesque carambar, qu'on aurait accroche a la montagne et qui suivrait fidelement la moindre de ses ondulations. Par endroit, le mur est si escarpe que les marches qui permettent de le suivre sont a peine large de 10cm et hautes d'au moins 30. Frequement, des tours de guet ponctuent la marche, et offrent un peu d'ombre et des points de vue magiques sur la campagne environnante. Par endroit, la montagne est sauvage, aolleur, elle est striee par les fameux champs en terrasse qui caracterisent les paysages chinois comme on les vois frequement. Le soleil tape fort.
Au bout d'une bonne heure de marche vers l'est, la muraille devient si escarpee qu'il est impossible de continuer, d'autant plus que j'ais sur el dos tout mon materiel de camping et ma nourriture pour deux jours. Je rebrousse chemin et au boud de deux heures, j'atteind une riviere, qui se traverse par un pont suspendu en bois et en corde, grincant et branlant. Je me croirait dans Indiana Jones.
Il faut maintenant remonter la gorge. Pfiou, c'est haut.
Ca monte et ca descent, comme des montagnes russes, et de tour de guet en tour de guet, le paysage se devoile peu a peu.
Le soleil tape fort et, je commence a avoir un serieux mal de tete. Insolation ? Je porte pourtant le chapeau que mon frere et ma belle soeur m'ont offerts et qui em protege bien (encore merci d'ailleur). De plus, la journee s'acheve doucement, je dois trouver un endroit ou dormir. Vers 6h, je trouve enfin une tour accueillante, en tres bon etat, qui m'offre un superbe point de vue sur le coucher de soleil et dans laquel je pourrait etendre mon sac de couchage sans etre visible depuis le chemin. Je serais plus tranquille si je ne suis pas derange par des touristes tardifs ou par des locaux curieux, toujours sympathiques mais tres envahissants.
Je commence alors a me sentir vraiment mal, migraine, nausees, fatigue, je crois bien que les crevettes de midi n'etaient pas de toutes fraicheurs, combinees au soleil violent, je suis dans un sale etat, seul, a plusieirs heures de marche de la plus proche habitation. Je ne trouve pas la force d'onstaller mon campement maintenant et je m'etend comme une loque contre un mur. Beurp, ca tourne, ca tourne. Je crois bien que je vais mourrir ici. Au moins, j'aurais visite la grande muraille de Chine.
Et c'est tout tramblant, vomissant par la fenetre, et hurlant des insultes dans le vide a l'egard du restaurant de midi que j'observe tant bien que mal le superbe coucher de soleil.
Apres ca, ca va un peu mieux, il fallait juste que je me debarasse de ce sale dejeuner. Je deplis mon sac de couchage et m'endors rapidement dans le crepuscule de la nuit tombante.
Deux heures plus tard, je me reveille, presque frais comme un gardon, c'est le moment parfait pour monter sur le toit et regarder le paysage et les etoiles. Une brume legere s'est posee dans le fond des vallees, la lune la rend tres blanche et la muraille, suivant les montagnes, rentre et sors de cette mer, telle un vers de sable. Superbe. Je mange un morceau et me recouche apres un moment.

Au matin, vers 5h, les premieres lueures me reveillent et je sors observer. La brume s'est allegee, les montagnes en surgissent, de plus en plus clairs au fur et a mesure quelles sont lointaines. Ca y est, je comprend la peinture traditionelle chinoise, elle est la, sous mes yeux, je suis devant un tableau a l'encre de Chine. Tout y est. Quelle splendeur. Et puis soudain, un eclair rouge apparait au dessus d'une crete, perturbant ce paysage en noir et blanc et le soleil commence son ascenssion. En quelques minutes, les ombres apparaissent, dessinant le relief sur ce paysage qui semblait juste fait de plans plats successifs. Un coq chante.
Je vais beaucoup mieux et un gfenereux petit dejeuner me redonne l'energie de continuer. Je continu donc dans la meme direction qu'hier, jusqu'a rencontrer de nouveau une partie infranchissable. C'est le milieu de matinee, ok, je rentre. Demi tour donc. Malgres le fait que je refasse dans l'autre sens le meme parcour que ce matin et hier, vu dans ce sens, le paysage n'a rien a voir, evidement, la lumiere est exactement inverse a celle de l'aller, et, c'est elle qui fait presque tout.

En fin de matinee, presque arrive au pont d'hier, je croise les premiers touristes de la journee, tres surpris car ils pensaient etre les premiers aujourd'hui.
Cette fois ci, je ne traverse pas la riviere par le pont mais, je prefere emprunter une tirolienne geante qui me mene presque jusqu'au point de depart, en longeant la riviere sur pres d'un kilometre. Whouhou, ca va vite, c'est haut, c'est genial. Arrive en bas, un pecheur me prend sur sa barque pour rejoindre l'arret de bus, un peu plus loin. Encore un peu de magie avant de rentrer.

Puis, c'est le retour, eprouvant, dans un mini bus bonde, 3 heures de route jusqu'a Beijing.

Et enfin, mon auberge, mon lit, je dors tout l'apres midi et je reve de bataille geante sur la muraille et de lever de soleil sur les montagnes.

A bientot.

Chine, humeurs

Dans quelques temps, je serais a Shanghai. C'est la derniere etape planifiee de mon voyage. Je serais "arrive".
Et dors et deja, se pose la terrible question du retour.
Quand ? Comment ? Pourquoi ?
Le plus raisonable serait en avion, pour des raisons evidentes de temps et d'argent mais, je ne sais pas su je suis dors et deja pret a me retrouver comme teleporte a la maison de facon si violente.
Je n'ai pas d'autre endroit ou aller maintenant. Je vais atteindre ma destination.
Je realise en fait qu'il est inutile de continuer a Guangzhou, Hong-Kong.
Je n'attend rien en fait de ces endroits, j'avais juste une petite revanche a prendre sur Canton. Mais, a quoi bon ?
Je n'ais plus vraiment envie de continuer le voyage.
Pour le coup, je suis carrement lessive, je ne sens pas la force de continuer.
En revanche, j'ais encore bien des choses a voire et a faire avant de rentrer.
Ce pays est une revelation pour moi.
Je pensait que je serais etonne, interresse, par la Chine.
En fait, c'est bien plus que ca, je suis scotche ici.
Je ne me contente pas de decouvrir en vrais un pays que je connais bien comme si je visitait les USA ou le reste de l'Europe. Je decouvre un nouveau monde dont je ne connaissait rien. On ne connais rien de la Chine en Occident. On a trente ans de retard sur notre perception de la Chine. Nous tous. Je suis venu avec une idee assez precise de ce que j'allais trouver, pas avec des prejuges mais avec des attentes. Tout etait faux. Tout, absolument tout.
Le plus extraordinaire dans tout ca n'est pas tant provoque par l'interet que je porte a la civilisation chinoise, a sa culture. Nous vivons nous aussi dans un monde extraordinaire. J'aime l'occident, jaime notre culture europeenne, j'aime ma vie en France, les gens que je frequente, les arts, etc...
Le plus extraordinaire, c'est la sensation de devoir reconstruire ma vision d'un nouveau monde, si different. Revoir mes reperes, revoir ma position par rapport a eux. Revoir tout.
Le plus extraordinaire, c'est que je vis tout cela dans un monde qui lui meme vit la meme chose, un monde qui se construit sous nos yeux, un monde qui est en plein chaos car il est en train de devenir.
Ce voyage a agit en moi comme un presse puree, je suis en miette, je ne suis pas creatif un brin, je ne comprend pas ce qui se passe. Bref, je suis largue, je ne sais pas ce que je fait, je ne sais plus qui je suis. Mais je sens la vibration du moteur qui chauffe, je sens tout qui se remet en place, je sens venir l'extraordinaire mutation. Je sens le bouillonement qui va me donner l'energie de continuer, de creer, de grandir, de revenir en mieux. Je n'ais jamais senti ca avant.
Il est impensable que je revienne avant que ce processus ne soit termine.
J'etais incapable de mesurer ca avant de partir.

C'est pourquoi je ne vais pas revenir dans les jours qui viennent.
Je resterait le temps que j'estimerais que ce sera le moment.
Ce ne seras pas des annees ni des mois, tout va tres vite en fait. Ce sera juste un tout petit peu plus long que prevu.

A bientot

07 septembre 2005

Le garcon de Wanfujing

Ce soir, j'etait dans le quartier de Wanfujing, c'est un quartier tres commercant, a l'est de la cite interdite. Il fait la jonction entre le quartier ancien qui borde la cite et les premiers grattes-ciels.
Le soir, il y a un marche de nuit. En fait, des dixaines de stands de vendeurs de nourriture s'installent dans la rue et la foule se presse pour manger les plats les plus exotiques. Essentielement des grillades ou fritures, en brochette.
Pelle-mele, on trouve des vers a soie, des serpents, des scorpions, des cigales, des sauterelles, du tofu, des grenouilles, des coeurs de poulet, des etoiles de mer, des fruits au caramel, des langoustes, des crevettes, des crabes,...
Je n'ai pas absolument tout essaye mais, quant meme, j'ais fait quelques experiences etonnantes. Cela dit, pour ma dignite, je ne vous donnerais pas le detail de mon menu de ce soir.

Je suis content, j'ais bien mange, je me suis achete trois fringues (des copies, evidement), une mobicarte chinoise pour mes contacts ici et surtout, mon billet pour Shanghai.

Je termine mon diner par une salade de fruit juste avent de rentrer et, en marchant, je me fait aborder par un petit garcon, de six/huit ans, maigre a mourrir, sale, qui m'attrape le bras et me demande a manger.
Ce n'est pas la premiere fois que je croise la pauvrete a Beijing ou ailleur dans mon voyage, certaines rues sont parsemees d'eclopes, de malades en tout genres et de gens qui sont pauvres et font la manche. Mais, je n'avais jamais eu une telle reaction de repulsion.
Il me suivait, la main sur mon bras, en essayant d'attraper mon bol de fruits.
Et, je n'ais pas compris ce qui s'est passe, je me suis mis a me sentir tres mal a l'aise.
Angoisse, panique.
En trois secondes, la situation est devenue inexplicablement insoutenable.
Il ne me demandais meme pas d'argent, il voulait juste ma salade de fruit.
Je n'avais pas a aller vers lui, je n'avais pas a sortir mon porte monnaie, je n'avais meme pas a reflechir, je n'avais qu'a baisser le bras.
Je voulais la lui donner ma salade de fruit mais, c'etait impossible, je ne pouvais pas.
Pour ca, il aurait fallu que je le regarde, que j'accepte qu'il existe, que j'accepte d'avoir passe la fin d'apres-midi a faire du shopping et a manger et que je le regarde et que j'accepte son sourire de remerciement, et ca, je n'y arrivais pas, c'etait trop dur.
Je ne voulais plus le voir, je voulais partir en courant pour qu'il disparaisse, ou bien je voulais lui crier dessus, lui dire "tires toi, je ne veux pas te voire, tu ne peux pas exister !".
Pourtant, je n'avais qu'a baisser le bras et lui laisser mon bol.
Je n'avais meme plus faim.
Mais c'etait pas possible, tout etait bloque.
Je ne pouvais plus supporter son regard alors, mes yeux se sont decroches et sont tombes dans le jus de pasteque et c'est bien pratique, et je decroche sa main de mon bras et je pars comme je peut en me disant arrete toi, laisse lui le bol, t'es un monstre, t'es sur de bien te reconnaitre ? . Mais mon bras ne m'obeissait plus, il fallait que je mette un terme a l'angoisse.
Et quant je ne l'ais plus vu et quant j'ais repris mon souffle, j'etais juste la, avec un bol a moitie plein dont je ne voulais plus et qui etait amer et moche mais que j'ais ingurgite en 1 seconde, comme pour m'en debarasser au plus vite, pour effacer les preuves de mon egoisme. Mais je sentais mille regards sur moi qui dans ma tete disaient "Il est mechant ! Qu'est-ce qu'il est mechant ! ". Et sur le chemin du retour, ma salade de fruit me faisait mal au ventre et me tordais les boyaux et je croyais toujours voire le petit qui m'suivait et qui m'disait "tu vois, je suis toujours la".

J'avais la l'occasion la plus facile de faire quelque chose.
Meme pas quelque chose de bien, juste quelque chose de normal et je n'ais pas voulu voire qu'il fallait le faire. Je m'en suis senti mal sur tout le trajet du retour.

J'ais hesite a ecrire ce message car je ne peux pas etre fier de cette lachete mais, je suis tout seul ici et je ne pouvais pas n'en parler a personne.

Il faudras bien que j'apprenne a faire avec ca, surtout si je passe un moment ici.
Que j'apprenne a accepter cette pauvrete, a aider comme je peux, a savoir dire oui des fois et a ne pas non plus m'empecher de dormir a cause de toute la misere du monde.

A bientot.

04 septembre 2005

Geant

Ca fait 2 semaines maintenant que je suis a Beijing.
Je suis vraiment emballe par cette ville. C'est tellement geant.
Je n'ai pas beaucoup ecris ces derniers jours mais, je ne sais en fait fait pas vraiment que dire, c'est si dure de partager par ecris tout ce que je vis ici.

Voici un petit resume touristique des deux dernieres semaines.
Dans le desordre par contre, ma memoire a ses limites.

J'ais visite le parc du temple du ciel, le nom ne vous dit peut etre rien mais vous connaissez forcement ce temple, c'est l'embleme de Beijing, il est rond, a 3 etages, avec des toits qui forment un cone geant. Au meme titre que la tour eiffel, il est de toute les photos. L'empereur venait la une fois par ans pour prendre sur lui les peches du peuple et demander a la meme occasion de bonnes recoltes. Les differents temples et lieux du parc sont le must de l'architecture Ming et revendiquent la perfection des mathematiques celestes (nombre de poutres, de dalles, proportions, epaisseur des portes, etc, rien n'est laisse au hasard)
J'ais visite aussi le temple des lamas, l'ancienne residence d'un prince que celui ci a fait transformer en lamasserie quant il est devenue fortuitement empereur et qu'il a demenage a la cite interdite. C'est le plus renome des temples boudhistes tibetains hors du tibet et il possede une gigantesque statue du bouddha Maitreya en bois de santal.
La residence du Prince Gong qui possede des jardins paradisiaques, est un lieux tres en phase avec la poesie chinoise, qui a inspire Cao Xuequin pour la situation de son tres fameux roman "Le reve dans le pavillon rouge" (que je n'ais pas lu, et vous ?) au XVIIIeme siecle.
Le College imperial, qui abrite le temple de Confucius, est le lieux ou se deroulaient les concours admnistratifs, mis au points par Confucius il y a bien longtemps, avant sa mort en des temps immemoriaux. Une fois par an, l'empereur venait ici commenter les doctrines confuceennes et surtout verifier que les etudiants et professeur de cette sorte de fac de philo pensaient bien droit.
Le temple de Lao-Tseu, siege du taoisme, est certainement le plus etonnant de Beijing. Le pantheon taoiste est organise comme une administration et chaque dieu-ministre dispose d'un bureau dans le monastere ou les gens peuvent venir deposer leurs requetes, doleances ou remerciement. Les bureaux sont disposes autour d'une grande cour et les dieux sont figures par des statues de taille humaine, peintes de couleurs criardes et arborant des pauses soleneles. Ils sont toujours accompagnes de deux assistants et de dix statues, toujours de taille humaine, qui representent la specificite du dieux. On peut ainsi aller s'adresser au bureau de la preservation de l'environement, a celui de l'octroi du bonheur materiel, ou de la justice ou bien encore a celui des bonnes relations entre morts et vivants, a celui des esprits des rivieres ou de la bonne repartition de 15 differentes morts violente ou de l'equite du commerce. On peut encore aller se plaindre au bureau de verification des termes de contrats divin ou de la verification de l'attitude envers les femmes enceintes. Il y a ainsi des dixaines de bureaux de dieux, et donc des centaines de statues souvent tres marrantes, au pieds desquelles les gens deposent des carres de bois rouge sur lesquels ils inscrivent leur message.
Le temple Miaoying comprend un dagoba blanc gigantesque (c'est une sorte de stuppah geante) et surtout, une collection de plusieurs milliers de statues boudhiques tibetaines en bronze.
La foule se presse au temple de la charite universelle, les devots fonts bruler par centaines les batons d'encens et offrent de kilos de fruits et de bonbons aux statues de dieux.
La mosque de la rue du boeuf, qui est plutot marante, elle ressemble a un temple chinois, mais en plein quartier musulman. Ce quartier est peu commun, il est peuple de chinois tout ce qu'il y a de plus normaux, comme vous et moi, si ce n'est qu'ils sont barbus (et oui, c'est possible), et qu'ils portent un turban et une djelaba ! Et les noms des magasins sont en chinois et arabe. C'est pas banal.
Non loin de la, le temple de la Source de la Loi, datant quand meme du VIIeme siecle, est une sorte de fac de theologie.
Globalement, l'architecture chinoise est tellement codifie qu'elle est reste inchange pendant des siecles, voire plus, du coup, si ce n'est sur les ornements, les temples et batiments d'etats sont toujours tres semblables, c'est en general ce qu'on y fait dedans qui les rend interressants ou pas, comme la mosquee, ou le temple taoiste par exemple.
J'ais aussi fait un tour dans le quartier russe, qui ressemble beaucoup au sentier en fait, en version buildings mais, les russes en questions font tres juifs pieds-noirs. On y achete devinez quoi, des fringues.
Dans la cite interdite, c'est pareil, en general, c'est assez barbant, tout est toujours pareil, surtut les zones dedies a l'activite politique. La partie la plus sympathique est le quartier des concubines, dans lequel les cours sont beaucoup plus petites, l'ambiance beaucoup plus feutree, et la decoration plus "precieuse". On ne peut s'empecher de les imaginer, passant la journee a prendre soin d'elles, en attendant une eventuelle visite de l'empereur, a jouer de la musique ou se prelasser simplement a l'ombre d'un arbre et errer dans le labyrinthe de couloirs et de passages. On s'y croirait.
Le palais d'ete, en peripherie de la ville (entre les 4eme et 5eme boulevards peripheriques, a une heure de bus de la station de metro la plus proche, sur le deuxieme peripherique), est beaucoup plus sympas. C'est un immense parc autour d'un lac, au bord duquel se trouve une colline sur laquelle il y a la plupart des batiments du palais. Un grand temple, une salle d'audience et divers batiments administratifs. Derriere cette colline, se trouve un faux village lacustre au bord d'un canal, qui reproduit en miniature une ville de Chine, qui servait a l'amusement d'une imperatrice, qui aimait le canotage. Ca m'en rapelle une qui aimait jouer a la bergere. La balade autour du lac offre des haltes dans divers pavillons tres charmants qui donnent un apercu des divers styles que l'ont peut retrouver dans l'architecture Qing. C'est dans ce palais que l'imperatrice Cixi a sequestre son mari l'empereur Guangxu et a ainsi pris le pouvoir. Elle fut la derniere imperatrice avant la premiere revolution.

Au fil de mes visites et lectures, j'en apprend un peu plus sur l'histoire de la Chine. En fait, les empereurs etaient constament cloitres dans la cite interdite et etaient completement deconnectes de la realite du royaume qui etait, selon la poigne de l'empereur en question, plus ou moins dirige par les eunuques aides dans leurs maneuvres par les concubines. Les eunuques etaient les seuls autorises a faire parti de l'entourage imperial sans etre de sang noble. Tres nombreux (plusieurs centaines de milliers dans tout le pays a certaines epoques !!! ), ils ont souvent pris le controle de l'administration gigantesque qui gerait le royaume. Une guerre sans pitie faisait egalement rage chez les concubines et les empoisenements etaient frequents.

Vraiment, j'adore cette ville, elle est tres belle, tres dynmamique, l'ambiance y est sympas, les gens agreables. Les chinois sont vachement decontractes, ils jouent tout le temps, ils chantent sans cesse, ils rient et sourient facilements.
Je n'ais plus envie de partir.
Mais bon, la suite de mon voyage m'attend.
Bientot, c'est Shanghai, c'est la que je vais pouvoir commencer a penser business, a voire des gens pour le boulot. Ca va etre geant. Et puis surtout, c'est la que je vais atteindre la Pacifique !

Demain, je vais visiter la grande muraille.

A bientot.

30 août 2005

Alain Delon

Les chinois sont tres friands de parler avec les occidentaux, tres curieux. Souvent tres commercant aussi.
LA star francaise ici, c'est Alain Delon, tous me demandent si je le connais quand je dis que je suis francais. Certains sont fiere de connaitre en francais les titres de ses films les plus celebres. En general, ils le croient jeune car la photo qu'il y a sur les paquets de cigarette de la marque "Alain Delon" est assez vieille.

Dans les lieux tres touristiques, il y a tres peu de pekinois, seulement des touristes chinois qui viennent souvent de provinces recules et qui n'ont pas l'habitude de voire des occidentaux. Ils n'hesitent souvent pas a s'arretter pour me devisager, se font signes entre eux pour etre sur que tout le monde m'a bien vu et souvent, ils me demandent de faire des photos avec eux ! En general, toute la famille y passe, les un apres les autres. Un coup le petit garcon dans mes bras, un coup en serant la main a monsieur et puis bras dessus bras dessous avec madame. C'est marant. Mais parois, les groupes sont plus grands, la premiere fois c'est sympas mais a force, ca ralentit serieusement la balade. Il faut donc demander a faire plutot des photos de groupe, ca va plus vite.
Si j'avais pu prevoir que je serais une attraction touristique moi meme !!!

Ils essayent souvent de montrer qu'ils connaissent quelques mots en anglais, parfois meme en francais. Quoique je reponde, et dans quelque langue que ce soit, ca provoque toujours l'hilarite generale, meme avec un simple "hello" ! Si je me lance a prononcer un "Ni Hao" (salut en chinois), c'est tout les applaudissement et les "Ho!" et les "Ha!".

Je me demande bien ce qu'il en sera quand je serais dans des petites villes ou les occidentaux sont bien plus rares !?

A bientot

Rentree des classes

Aujourd'hui lundi, c'est la rentree des classes pour les ecoliers et etudiants chinois.
Tot ce matin, les rues se sont remplies pour un moment de centaines d'enfants et d'ados en uniformes clinquant, cartable neuf sur le dos et coupe de cheveux impeccable. En Chine, les freres et soeurs n'existent pas, politique de l'enfant unique oblige. Du coup, personne ne porte les affaires de son aine et chacun peut fierement montrer ses chaussures neuves et sa panoplie de materiel de classe.
Tout le monde reprend en meme temps, les universitaires comme les maternelles, du coup, c'est toute une foule qui anime les environs des ecoles et facs.
Selon les etablissement, les uns arborent un uniforme genre etudiant anglais, tire a 4 epingles, les autres au contraire ont droit a un uniforme tres tendance, certainement designe par le styliste chinois en vogue. Certains portent aussi les maillots de leur equipe scolaire de basket ou de badmington.
Il est midi, les cloches sonnent, tout ce petit monde rejoint les squares pour devorer son panier repas. Apres la rigueur de la premiere matinee, il est bien temps de se raconter enfin ses vacances, faire connaissance avec les nouveaux, etc... Animation sympathique dans toute la ville. Apres la pause dejeuner, depuis les rues, en passant devant les ecoles, on entend l'hymne national, entonne par toute cette petite foule.

A bientot